Vortex temporum – Anne Teresa de Keersmaeker et Ictus (2014) – moins radical, et plus séduisant, parfait ?

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chorégraphie Anne Teresa De Keersmaeker
dramaturgie musicale Bojana Cvejić
 costumes Anne-Catherine Kunz
créé avec et dansé par Bostjan Antoncic, Carlos Garbin, Marie Goudot, Cynthia Loemij, Mark Lorimer, Julien Monty, Chrysa Parkinson, Michael Pomero
musique Vortex Temporum, Gérard Grisey (1996)
direction musicale Georges-Elie Octors

Photo de Anne Van Aerschot

musiciens Ictus piano, Jean-Luc Plouvier flûte, Michael Schmid clarinette, Dirk Descheemaeker violoncelle, Geert De Bièvre alto, Jeroen Robbrecht violon, Igor Semenoff

Grande chorégraphe, Anne Teresa de Keersmaeker sait composer. Vortex temporum est bien écrit : la composition est nette et claire. Elle reprend les idées de Partita 2 (lire ici et aussi ici…), son précédent spectacle, qui était plus radical : d’abord la musique sans la danse, puis la danse sans musique, et enfin les 2 réunis. Dans Partita 2 le lien entre musique et danse était simple et radical : un pas, une note, et toute la rigueur de la chorégraphe s’exprimait. Ici, musique ‘spectrale’ oblige, c’est un peu moins clair. C’est néanmoins évident. Je goûte le plaisir d’un spectacle où musique et danse se croisent, où le instruments et instrumentistes font corps et partie du « ballet ».

Évident comme un spectacle qui s’impose, une danse qui se déroule, le temps qui passe. Je me laisse porter, d’abord par la musique (que je n’aurais pas réussi à écouter à la maison mais qui en concert est accessible), puis porté par la beauté des gestes. Je retrouve beaucoup de gestes connus (et comme à chaque fois suis impressionné par le fait que nous sommes des milliards sur terre et que ces gestes appartiennent à elle et elle seule (et les auto-citations d’AtK, les gestes qui se retrouvent d’un spectacle à un autre, tissent un lien entre elle et moi spectateur fidèle).

photo
photo de Anne Van Aerschot

Avec Vortex temporum, Anne Teresa de Keersmaeker poursuit ses idées et son parcours : les instrumentistes sont présents comme des danseurs, les instruments eux mêmes dansent (le piano valse, c’est beau). Cela m’évoque 3abschield avec Jérôme Bel (à la sortie, je le vois dans l’assistance…) où elle avait cherché la place de l’instrument en tant qu’objet physique, avec l’instrumentiste,  interagissant avec la danseuse. S’il s’agit de temps, je préférais la musique de Bach, et la lumière qui marquait le jour de Partita 2, à Vortex temporum, qui me plait mais dont je me dis confusément que je m’en souviendrais moins.

Cette oeuvre qui pourrait être un chef d’oeuvre prise seule, est pour Anne Teresa de Keersamaeker une oeuvre dans son parcours, comme la continuité d’une idée qu’elle pousse et qui ravi le spectateur assidu de son travail que je suis-
F*

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