Roméo et Juliette

namethumb_w600px_img_event_b1a92430-7fb4-4adc-80d1-af24b448a1ff © Jean-Claude Carbonne
  • Ballet

Le Pavillon Noir (Aix-en-Provence)

530 Avenue Wolfgang Amadeus Mozart
13627 Aix-en-Provence

14 fév. 2018 - 18 fév. 2018

février 2018 :

  • Mercredi 14 de 19:00 à 20:30
  • Jeudi 15 de 20:00 à 21:30
  • Vendredi 16 de 20:00 à 21:30
  • Samedi 17 de 20:00 à 21:30
  • Dimanche 18 de 16:00 à 17:30

Un enchantement de formes

« Roméo et Juliette », première création d’Angelin Preljocaj pour grand ballet, est une plongée dans la force vitale de la jeunesse, sa radicalité, son engagement physique, ses affrontements, sa sensua-lité dévorante. Reprenant le mythe de Shakespeare, le chorégraphe transforme la discorde familiale en affrontement social, fait disparaître les parents, laissant le conflit éclater entre jeunes gens : ce ne sont plus deux familles rivales qui s’opposent, mais une bande de jeunes exclus qui affronte la domination militaire du clan Capulet, au pouvoir. L’univers scénographique conçu par Enki Bilal est concentrationnaire, on y tue à coup de matraque, on s’y promène, martialement, avec des chiens de garde, tandis qu’éclate la musique de Prokofiev, aux scansions écrasantes, aux accents déchirants. Mercutio, provocateur inconséquent, et Tybalt, milicien sadique, s’affrontent virilement et les scènes de combat, athlétiques, rythment la tragédie. Mais les amants sont tout aussi ins-tinctifs : Juliette, enfantine, décidée, choisit son Roméo en reniflant sa chair et lui, fasciné, se saisit d’elle comme on mord dans un fruit désiré ; leurs duos d’amour, sublimes, sont de longs appri-voisements, où ils apprennent à se toucher, se regarder, à danser côte à côte, puis profondément accolés. Comme dans « Blanche Neige » vingt ans plus tard, l’histoire se raconte à travers des objets symboliques qui font naître du mouvement : les seins trop raides d’une nourrice double, le foulard rouge du sommeil mortuaire, la lame d’un rasoir qui exécute, et les deux amants qui tour à tour cherchent à redonner vie au corps aimé. Déjà, en 1990, Angelin Preljocaj inventait une narration à partir des élans des corps : l’enfance, le jeu, le désir, sa violence, les chocs et les étreintes, tiennent lieu de verbe chorégraphique, et cette jeunesse radicale n’a pas pris une ride, préférant mourir que de transiger.

Référencement web par DanseAujourdhui

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