Inori (adoration)

namethumb_w600px_img_event_fa74f849-ec71-4085-bb8c-7cf1e50a86ea © archives Stockhausen
  • Danse du Monde

Philharmonie de Paris (Paris)

221 Avenue Jean Jaurès
75019 Paris

14 sept. 2018

Le Vendredi 14 septembre 2018 de 20:30 à 21:45.

Recommandation DanseAujourdhui

Dans le prophétique Inori, Stockhausen, plus démiurge que jamais, mêle au grand orchestre un soliste danseur. Chaque mouvement se déroule parallèlement à une couleur de son, un rythme, une intensité de la musique.

Karlheinz Stockhausen considérait Inori (« adoration » en japonais), créé en 1974, comme une de ses partitions les plus riches d’avenir : « Dans quelques années, Inori sera l’œuvre clé d’un nouveau développement de la composition des tempi et d’une nouvelle fonction des timbres ». Autour d’une cellule de base comprenant 13 hauteurs de son différentes, gravitent 13 tempi, 13 intensités, 13 timbres et 13 gestes de prière. Un soliste mime ces attitudes de prière du haut d’un podium situé au-dessus de l’orchestre. À ses détracteurs, le compositeur allemand répondait : « Ceux qui ont vu dans Inori une œuvre répétitive et simpliste ne savent pas écouter la polyphonie. Inori est polyphonique dès le début. Certains y ont entendu des accords : il n’y en a pas, il y a un seul son. »

K. Stockhausen disait : « Inori n’est pas seulement important pour moi : c’est une découverte capitale pour les musiciens, (…) c’est le premier exemple de l’histoire de la musique dans lequel on ait trouvé une notation musicale parfaite pour décrire exactement chaque geste d’un corps humain. À ce titre, Inori est l’œuvre clé pour tout un nouveau développement de l’écriture et de la danse. Ce principe peut faire la part plus ou moins grande à l’aléatoire, mais il détermine une liaison entre structure musicale et structure visuelle. »

19h45 : CLE D’ECOUTE
Conférence introductive avec Laurent Feneyrou, musicologue – entrée libre
Avec Inori, pour un ou deux solistes et orchestre, Karlheinz Stockhausen élargit encore une spirale sous le signe de laquelle il plaçait l’ensemble de son œuvre musicale. Ce signe dénote un chemin tout entier tendu vers le divin, non plus seulement le Dieu de son catholicisme rhénan d’origine, mais la Déité. Deo gratias écrivait dix ans auparavant la partition de Gruppen. Inori, dont le titre japonais se traduit par invocation ou adoration, le décline sous une forme orientale, « Hu ». Treize attitudes de prières, empruntées au yoga, à des temples d’Angkor ou au rite chrétien de la messe, investissent la salle de concert. À travers diverses religions du globe, ces attitudes, selon que les mains et les bras s’éloignent ou s’approchent de la poitrine, du cœur, déterminent et représentent les paramètres de la musique, la durée, la voyelle, la nuance… Régi par une figure fondamentale qui en ordonne le cours, Inori est une cérémonie à voir et à écouter.

BILLETTERIE PAR TELEPHONE AU 01 44 84 44 84
tous les jours de 11h à 19h (dimanche 18h)

DISTRIBUTION
Orchestra of the Lucerne Festival Academy
Gergely Madaras, direction
Emmanuelle Grach, danse
Jamil Attar, danse