namethumb_w600px_img_event_56d23e44-d2e5-4c7a-a9de-6e7473596c97 © Patrick Berger
  • Contemporaine (Danse)

Les Gémeaux, scène nationale (Sceaux)

49 Avenue Georges Clemenceau
92330 Sceaux

4 mai. 2018 - 6 mai. 2018

mai 2018 :

  • Vendredi 4 de 20:45 à 22:15
  • Samedi 5 de 20:45 à 22:15
  • Dimanche 6 de 17:00 à 18:30

La révolte en chantant et en dansant

« Carmen est une révoltée bouillonnante de vitalité, une farouche dynamiteuse de l’ordre social et moral de la fin du XIX e .

Pour moi Carmen résonne avec l’émergence à la fin du XIX e siècle, de tant de femmes rebelles et flamboyantes, championnes de l’émancipation féminine, héroïnes de la liberté : Louise Michel, Isadora Duncan, Loïe Fuller, Camille Claudel, pour n’en citer que quelques-unes …

« Ce que je veux c’est être libre et faire ce qui me plait » dit- elle. Provocante, vibrante, libre de ton, d’allure, de propos, souveraine et maîtresse de toutes ses décisions, d’une sensualité torride, Carmen a toujours exalté, enflammé mon imagination. (…)

Pour le moment j’imagine une Carmen interprétée à tour de rôle par des danseuses différentes de la compagnie qui se passeraient un relai pour suivre la trame de la narration de l’opéra de Bizet. Elles donneront ainsi plusieurs corps à Carmen.

Carmen me permet de relancer, d’approfondir, de porter plus loin ma réflexion sur les métissages esthétiques, le voyage des imaginaires, qui constituent mon écriture chorégraphique. Carmen est inscrite du fait de ses origines dans une collectivité qui porte en elle l’histoire d’un exode, d’un peuple errant, comme l’écrit Jean Lacouture dans Carmen la révoltée. […] J’aime l’idée que cette créature célébrée dans le monde entier, soit un être sans patrie et sans racine. Un être qui traverse les frontières culturelles, aussi bien que géographiques. La patrie de Carmen est « là-haut dans la montagne… », dans un monde sans frontière, un monde libre.

J’aime l’idée que ce personnage mythique, né en France de l’imaginaire de Prosper Mérimée puis transformé, métamorphosé par Bizet est depuis reconnu comme une des leurs par les Sévillans. Le conseil municipal de la ville de Séville a d’ailleurs procédé à l’inauguration d’une statue de bronze à son effigie en 1974.

J’aime aussi beaucoup l’idée que Bizet n’ait jamais mis les pieds en Espagne.
Il y a dans les années du milieu du XIX e siècle une Espagne à Paris. Paris héberge une diaspora de poètes, de musiciens compositeurs et d’interprètes et de militants de la liberté : une Espagne musicienne et ballerine, exilée, immigrée, réfugiée. Le génie de Bizet c’est de se nourrir de cette culture espagnole (comme la culture française se nourrit au XVI e de l’Italie ou au XVIII e de l’Angleterre) et par là de célébrer la beauté née de la rencontre d’univers différents. Il me semble que Bizet nous dit à distance : « Quant à moi je n’ai pas la moindre réserve envers l’idée de métissages artistiques. »
J’aime la vitalité des métissages artistiques, le processus par lequel des pratiques corporelles ou des éléments artistiques ou culturels disparates s’assemblent et donnent naissance à un élément tiers, que l’on ne juge plus uniquement en fonction de ses composants, mais comme un tout.
C’est difficile de dire pourquoi… Certainement par sensibilité, par éthique, en résonnance à mes souvenirs d’enfance, dont j’ai compris à l’âge adulte qu’ils étaient intimement liés à ces valeurs et certainement à l’origine de mon engagement. […]

Enfin, j’aime cette musique du soleil dont Nietzsche salua l’avènement dans « Carmen ».

La profondeur sensuelle, la drôlerie l’expressivité de la musique, sa légèreté tragique. Partition multicolore et bondissante, Carmen est une explosion jubilatoire de vie de rythmes. Une musique parcourue par un génie enfantin, d’une grande profondeur enjouée un vraie défi pour une version chorégraphique. » – José Montalvo

Référencement web par DanseAujourdhui

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