namethumb_w600px_img_event_c2e1f9a3-e268-4fb7-968f-fd452734d4cf © Stofleth
  • Ballet

Opéra Berlioz - Le Corum (Montpellier)

esplanade charles de gaulle
34000 Montpellier

26 juin. 2020 - 27 juin. 2020

juin 2020 :

  • Vendredi 26 de 20:00 à 22:00
  • Samedi 27 de 20:00 à 22:00

l’art du ballet porté à son excellence

Si Kylián a officiellement renoncé à la création chorégraphique, son oeuvre continue à être dansée partout dans le monde, que ce soit par le Nederlands Dans Theater qu’il a dirigé près de 25 ans, ou par d’autres compagnies internationales. Parmi celles-ci, le Ballet de l’Opéra de Lyon occupe une place privilégiée. Outre qu’il possède des pièces de Kylián dans son répertoire depuis près de 30 ans, un récent compagnonnage avec le chorégraphe et son équipe a permis l’entrée au répertoire de quatre nouvelles pièces dont Gods and Dogs et Wings of Wax.
Wings of Wax (Ailes de cire) reste une des pièces les plus énigmatiques du chorégraphe tchèque. Si le titre évoque Icare dont les ailes de cire fondent pour s’être approché trop près du soleil, ne rappelle-t-il pas également le désir du danseur d’échapper à la gravité tout en évitant l’hubris que les anciens Grecs redoutaient tant ? La passion autant que la vulnérabilité de l’artiste, amplifiées et magnifiées par la danse, sont exprimées à travers une polyphonie de mouvements qui, puisés aussi bien dans les techniques classiques ou modernes que dans les danses populaires, se fondent en une seule matière organique où tout s’enchaine naturellement.
Bella Figura développe deux thèmes récurrents chez Kylián : l’amour et la mort. Le titre de la pièce joue sur sa double signification en italien de « Beauté physique » et « Faire bonne impression ». Dans une harmonie de couleurs, Kylián compose des images sensuelles et raffinées derrière lesquelles pointe une irrépressible mélancolie. Peu après le lever de rideau, deux femmes, longue jupe d’un rouge ardent et poitrine dénudée, entament un dialogue gestuel d’une délicate intimité. La musique, puisée principalement dans le répertoire baroque italien des XVIIe et XVIIIe siècles, accompagne l’élégance d’une danse qui semble aller de soi. Avec Gods and Dogs, l’atmosphère se fait plus inquiétante. Dans une suite de duos émouvants, huit danseurs sur les corps desquels sont projetées des vidéos, alternent une gestuelle fluide avec des mouvements saccadés tandis que les sons grinçants d’une musique électronique viennent troubler les accents romantiques de Beethoven, comme pour signifier l’intrusion de la folie dans la normalité. Aucun des trois ballets ne délivre un message immédiat, mais chacun, par des mouvements chargés d’affects, active l’imagination et vivifie la réflexion. Sonia Schoonejans