namethumb_w600px_img_event_cfbcf083-a16b-48a1-9523-41a05bb5b9a1 © Ascaf
  • Contemporaine (Danse)

Domaine d'O (Montpellier)

178 Rue de la Carrierasse
Montpellier, France
34000 Montpellier

3 juil. 2020 - 5 juil. 2020

juillet 2020 :

  • Vendredi 3 de 21:00 à 22:15
  • Vendredi 3 de 18:00 à 19:15
  • Samedi 4 de 18:00 à 19:15
  • Samedi 4 de 21:00 à 22:15
  • Dimanche 5 de 21:00 à 22:15
  • Dimanche 5 de 18:00 à 19:15

la réalité d’une beauté intense

2019, la nouvelle création d’Ohad Naharin pour la Batsheva, compagnie qu’il aura dirigée pendant près de 30 ans et auprès de laquelle il reste le principal chorégraphe, est un spectacle d’une liberté absolue autant dans le propos que dans son expression plastique. Il s’éprouve plus qu’il ne se raconte. On y retrouve la puissance tellurique et la douceur lyrique sans mièvrerie auxquelles le chorégraphe nous a habituées. Alternant sauvagerie et délicatesse dans des solos, duos et danses de groupe qui ne sont pas sans rappeler Pina Bausch, et soutenus par un mixage musical qu’il a lui-même réalisé, Naharin et ses danseurs réussissent à nous faire penser le monde dans lequel nous vivons. Ce que peut un corps semble ici ne connaître aucune limite, que ce soit dans les chutes vertigineuses, les contorsions extrêmes ou dans une simple marche rythmée. Le mixage musical mêlant chansons israéliennes, arabes et textes du dramaturge Hannoch Levin est particulièrement soigné.
La danse de Naharin athlétique et signifiante, où la perfection formelle accompagne la vérité du geste, rappelle, par une expressivité parfois très « abstraite », qu’il est un chorégraphe héritier de la double modernité allemande et américaine, tout autant que porteur de la double culture orientale et occidentale de son pays, Israël, qui plus est, un pays neuf où tout peut encore s’inventer. L’architecture conçue spécialement pour ce spectacle par le scénographe Gadi Tzachor réunit le public et les danseurs dans une même « réalité » pendant 75 minutes d’une intense beauté. Comme à leur habitude, les danseurs de la Batsheva, tous rompus à la méthode Gaga de leur chorégraphe et impliqués dans le processus créatif, servent avec une énergie, une concentration et une précision rares ce spectacle conçu comme une réflexion sur la condition humaine qu’Ohad Naharin nous fait partager le temps d’une représentation. Sonia Schoonejans