Alain Platel – TAUBER BACH

Alain Platel – TAUBER BACH

33.00€ 25.00€

Bach chanté par des Sourds

Théâtre National de Chaillot

Du 24 janvier au 1er février 2014

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Avis

 

La recommandation spéciale de Catherine Zavodska :

La résilience est au cœur du langage chorégraphique des ballets C de la B depuis 30 ans. Le regard de compassion d’Alain Platel sur le monde et sur ses danseurs a permis la création de nombreux spectacles de danse contemporaine d’une beauté très singulière. Alain Platel est la source d’une danse belge prolifique. Si les noms de Sidi Larbi Cherkaoui, Koen Augustijnen, Hans van den Broeck, Kaori Ito…vous parlent, sachez que leur danse s’est nourrie du talent d’accoucheur d’Alain Platel.

Alain Platel nourrit sa quête du Beau au cœur du handicap (physique, psychique, social, économique). Le point de départ de tauberbach est la question « comment survivre avec dignité dans des conditions quasi-impossibles ? ». Parti d’un documentaire sur la survie dans une décharge, Alain Platel a demandé aux danseurs de danser la beauté. La photo ci-jointe révèle une scène (dé)chargée de tissus de couleurs et un mouvement de bras de beauté toute classique. La musique du spectacle, qui lui donne son titre, est révélateur des recherches d’Alain Platel : « musique de Bach chanté par des Sourds » (œuvre d’Artur Zmijewski). Voir le trailer-vidéo.

A chaque spectacle d’Alain Platel, je peux affirmer que leur beauté m’a frappé mais leur laideur tout autant. Les émotions sont très fortes, sans qu’il me soit possible de l’expliquer. La force tient peut-être à la capacité du chorégraphe d’amener le spectateur à voir la beauté là où se niche la vie.  » Face à la souffrance, à la violence, je crois que nous avons besoin de beauté, de consolation aujourd’hui « Alain Platel, 2010

Les ballets C de la B transmettent une énergie vitale. Leur danse naît de l’instinct de survie. La survie intéresse au plus haut point Alain Platel car il y trouve l’essence même de la vie. Alain Platel a vécu une expérience nourricière d’orthopédagogue auprès d’enfants handicapés physiques. La résilience est un thème récurrent des créations des ballets C de la B et des artistes qui y sont passés. Alain Platel attire des danseurs qui sont capables de montrer leurs propres failles. « bâche » de Koen Augustijnen, danseur et chorégraphe actuel des ballets C de la B en est un exemple magnifique. La résilience m’a sauté aux yeux en regardant le documentaire tourné par Alain Platel lui-même « Les balets de ci de là » (production Les Films du présent). Sidi Larbi Cherkaoui parle très bien de sa danse comme un moyen de dépasser sa souffrance dans ses premières pièces (cf. catalogue raisonné que lui consacre Rosita Boisseau aux éditions textuel, 2013).

Les ballets C de la B (C de la B, pour contemporains de Belgique) est un collectif d’artistes, basé à Gand, Belgique, fondé par Alain Platel en 1984. Il réunit des artistes de la danse, du théâtre, du cirque…Certains danseurs deviennent chorégraphes à leur tour. Hans van den Broeck, Sidi Larbi Cherkaoui, Lisi Estaras, Kaori Ito, Koen Augustijnen…sont notamment programmés par le Théâtre de Chaillot. Ce collectif assure aussi au quotidien des ateliers à destination des professionnels et des amateurs.

 

Présentation par Philippe Noisette dans le programme du Théâtre National de Chaillot

/ La musique Tauber Bach sera en effet l’une des sources d’inspiration de cette nouvelle création, avec le documentaire Estamira de Marcos Prado où l’on suit l’histoire d’une femme atteinte de schizophrénie qui vit dans une décharge des environs de Rio de Janeiro. Ce n’est pas la première fois que le chorégraphe et metteur en scène prend comme point de départ une matière documentaire de sa « danse bâtarde ». L’orthopédagogue qu’il a été dans une « première » vie n’a cessé depuis de s’intéresser aux formes de dialogues et d’échanges entre les uns et les autres, souvent les plus démunis ou les mis-à-l’écart de la société. « On essaie de découvrir la gestuelle qui naît au moment où les danseurs se blottissent dans ce coin du cerveau encore préservé de toute civilisation. » De création en création, de vsprs à Out of Context – for Pina, de Gardenia – présenté à Chaillot – à C(H)OEURS, Alain Platel raconte notre monde et ses dérives. Pour tauberbach, il retrouve le directeur musical Steven Prengels et, pour la première fois, collabore avec l’actrice du NTGent, Elsie de Brauw. La musique sera de nouveau le fil conducteur de cette production événement, placée sous le signe de Bach et d’arias de Mozart. /

 

Photo de répétition © Chris Van der Burght

Alain Platel sur le blog DanseAujourdhui