Les « Kurze Stücke » de VA Wölfl font l’éloge de la méditation

VA Wölfl nous apprend comment accepter l’existence intrinsèque de la violence dans nos vies. Il joue sur les ressorts de la violence pour maltraiter le spectateur. Comment celui-ci peut-il réagir face à la provocation? Une partie des spectateurs s’est manifestée en miroir avec violence. Une autre partie choisira de rester jusqu’au bout, malgré les tentatives récurrentes de VA Wölfl pour les mettre à la porte. Survivent ceux qui méditent.

VA Wölfl est un grand provocateur, comme l’est souvent celui qui maîtrise l’art de la performance. La provocation n’est pas une fin pour ce grand chorégraphe. C’est un moyen pour nous inviter à méditer et dépasser la violence. Son dernier spectacle de danse contemporaine, Kurze Stücke, est joué, chanté et dansé à la perfection par sa compagnie Neuertanz.

  • La violence domine la scène : des dizaines de fusils couchés au sol, tournent et se braquent de manière aléatoire vers les spectateurs. Sont-ils chargés ?
  • Des balles projetées en l’air traversent la scène, rebondissent, roulent sous les pieds, tombent sur une corde de guitare qui électrise nos nerfs nos nerfs. Mais quand cela va-t-il s’arrêter ?
  • Inexpressivité des visages des danseurs, indifférents aux réactions du public. Savent-ils que nous sommes là pour eux ?
  • Solitude de la danseuse qui s’étale de tout son long sans que personne ne la relève.
Le 10 janvier au Théâtre de la Ville, un tiers des spectateurs a réagi à la violence par la violence. Grincement des sièges qui se relèvent, sifflements, éclats de rire hystérique, deux balles jetées par un spectateur sur les danseurs. Même dans une salle de spectacle, où des danseurs sont en représentation, la violence engendre la violence.
VA Wölfl nous invite à prendre du recul sur la violence qui peut nous submerger. Comment faire?
  • S’émerveiller : les habits de lumière des danseurs, qui brille de 1000 feux sous les projecteurs ou qui scintillent dans l’obscurité, la composition graphique des scènes
  • Tendre l’oreille et se laisser porter par la musique : les guitares sonnent et se répondent, une danseuse sur pointes chantonnant nous fait pénétrer dans le monde évanescent des rêves
  • Se laisser bercer par la lenteur  et la simplicité des mouvements chorégraphiés et répétés, qui nous rappelle avec bonheur les farandoles de Pina Bausch
Pour finir, laissez moi vous décrire la scène la plus émouvante, qui condense le propos de Kurze Stücke. Une danseuse nonchalante accepte de faire face courageusement à une haute armoire de métal, se déshabille calmement, son corps nu est superbe, elle déverrouille avec abnégation l’armoire, qui vomit sur elle ses milliers de balles de tennis. Restée impassible face à l’énergie désordonnée des projectiles, la danseuse finit par quitter tranquillement la scène.
cZav
Pour télécharger l’oeuvre chantée par la danseuse sur pointes, cliquez sur le lien:

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