Foofwa d’Imobilité en sélection du prix des spectateurs DanseAujourdhui

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Foofwa d’Imobilité, la libération de l’interprète

L’ADN de la danse

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Foofwa en Balanchine

Foofwa a dansé Gisèle à -6 mois, dans l’utérus de la danseuse étoile. Ses origines familiales l’ont prédestiné à devenir danseur : deux danseurs-étoile, qui l’ont « presque fait sur scène », dont la mère a dansé avec Rudolf Noureev. Plus que la technique, sa mère lui a transmis le plaisir de danser. Il a dansé 7 ans chez Cunningham, c’est un sacerdoce. Histoires Condansées, one-man show pédagogique, présenté au Centre national de la danse du 18 au 20 mars 2015,  est un florilège de démonstrations dansées. Foofwa fait sa révérence aux monstres sacrés du passé. Histoires Condansées est à la fois hommage et création.

Fait rare pour la danse : Foofwa d’Imobilité a le talent pour nous faire hurler de rire à chaque démonstration. Son nom, pseudonyme de Frédéric Gafner, est en soi tout un symbole. J’en ai rapidement les zygomatiques fatigués d’avoir le sourire en banane pendant deux heures. Tout discours est prétexte à rire. C’est un one-man show comique en la forme et sur le fond ce sont trente siècles d’histoire de la danse qui défilent sous nos yeux ébahis. Foofwa est un phénomène. Je comprends mieux pourquoi ceux qui ont vu un spectacle de Foofwa expriment le ravissement en pensant à lui. Je suis tombée à mon tour sous son charme ravageur, faire rire est l’arme de séduction la plus sûre.

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Foofwa en Nijinsky

Le passé est peut-être un peu lourd à porter. Dans son spectacle Histoires Condansées, il ouvre une valise toute cabossée remplie des costumes, qui représentent chacun un artisan de la danse. Pendant les deux heures du spectacle, Foofwa va revêtir l’un après l’autre les bouts d’étoffe qui nous rappelleront les grandes figures de la danse moderne. La magie du théâtre est à l’oeuvre : un grand voile et Loïe Fuller, le papillon, apparaît dans la lumière, un tablier folklorique et voilà Fokine, Nijinsky, un costume noir sur une chemise blanche et hop Pina Bausch sort du chapeau de magicien.

Foofwa d’Imobilité danse dès le plus jeune âge, intègre le Ballet Junior de Genève (1981-87), que dirige sa mère Beatriz Consuelo, son étoile. S’envole pour New-York à 13 ans découvrir la danse moderne, Balanchine est sa statue de la Liberté. Puis il danse pour le Ballet de Stuttgart (1987-90) et entre dans la Merce Cunningham Company pour 7 ans (1991-98). Un moment triplement mythique pour lui dans sa vie d’interprète : il danse le solo « Enter » de Cunningham quand celui-ci est invité pour la première fois à prendre la scène de l’Opéra Garnier. La bande-son de John Cage est une suite de borborygmes, accueillie par un « Vive Mozart », le cri d’un spectateur osant exprimer ce que d’autres pensent tout bas. Il reçoit le Bessie Award de New-York en 1995.

Avec Foofwa, tout mouvement dansé est à la fois démonstration virtuose (ah, Foofwa dansant Isadora Duncan et les cigales chantent sous les oliviers) et éclats de rire. L’humour est un outil formidable de prise de distanciation par rapport aux génies envahisseurs de la danse. Foofwa le fait avec un énorme respect.

Retour sur soi

Foofwa d’Imobilité rentre en Suisse, pays de son enfance, pour se réaliser en chorégraphe. C’est à New-York, en voyant Balanchine, qu’il comprend que danser, même en tant qu’interprète, est un acte créatif. A 14 ans, il sait qu’il est chorégraphe. Pas un instant ne se passe sans penser à de nouveaux pas. En Suisse, il fonde en 2000 la compagnie Neopost Ahrrrt et crée ses propres pièces. Libération est son maître-mot. Histoires Condansées est l’histoire d’une libération du passé.

L’improvisation, une nouvelle étape

Foofwa ressent la nécessité d’être authentique par respect avec le ressenti des spectateurs. Il recherche en scène un état d’écoute maximale de son environnement : écoute du public, écoute des autres interprètes, écoute des techniciens, écoute de l’environnement, écoute de soi ?

Avec Histoires Condansées (2011), Foofwa peut improviser à chaque représentation selon les réactions du public. Son rapport avec les deux éclairagistes du CND le 18 mars 2015 est un bon exemple de sa recherche d’authenticité dans la relation éphémère avec les participants, le temps de la représentation. L’oeuvre est un partage, sans spectateur, pas d’oeuvre.

Utérus, pièce d’intérieur (2014), sa dernière création, se veut une apologie de la vie. C’est aussi une expérience de créativité sur scène à trois danseurs. Foofwa en est très fier et épaté par les réactions du public qui dépassent ses attentes.

Utile/Inutile est un projet 2015-2017, en convention avec la ville de Genève : 8 jeunes danseurs vont réveiller une chorégraphie méconnue de la danse, avec l’aide d’Annie Suquet, en archéologue.

Catherine Zavodska

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Crédits photo : Neopost

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