Amala Dianor – un regard, une posture – portrait de chorégraphe

Portrait-Amala-Dianor-danseaujourdhui©laurent-paillier

De tout son corps, de toute son âme, Amala Dianor est un danseur. Engagé très jeune dans les cercles Hip Hop, il se forme professionnellement à la danse contemporaine au CNDC à Angers, sa ville de toujours. Il apprend le métier de chorégraphe de sa place de danseur-interprète avant de se sentir légitime à devenir chorégraphe à son tour et à être reconnu comme tel. La modestie d’Amala Dianor contraste avec la hauteur des défis qu’il s’impose continuellement pour tracer son parcours de danseur à chorégraphe.

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Amala Dianor, un danseur dans l’âme

Sa formation de danseur Hip Hop en autodidacte est des plus classiques, à Angers sa ville comme dans d’autres villes de France : importance de la MJC pour la création d’un réseau de grands frères-petits frères autour d’une passion commune, la danse et la musique, les clips de Mickael Jackson, la télévision média essentiel des années 80-90 pour la diffusion des cultures urbaines.

Amala Dianor est adepte des danses debout, comme la house et le popping. Au-delà des performances techniques, les battles sont un terrain d’apprentissage extraordinaire pour se donner corps et âme en un moment très court. Cette capacité à fusionner son âme et son corps en un instant caractérise le danseur Amala, qui attend de même de ses danseurs lorsqu’il est lui chorégraphe à l’extérieur du plateau. De ces années plongé dans la culture Hip Hop, Amala Dianor reste imprégné de l’état d’esprit communautaire et de ses valeurs, résumés en une devise « Peace, Love, Unity and Having Fun » (paix, amour, cohésion et plaisir).

Amala Dianor se montre curieux des autres styles de danse lorsqu’il s’inscrit à un atelier organisé par le CNDC d’Angers, ouvert aux danseurs Hip Hop. A la fin de son cursus scolaire, en 2000, il passe une audition et est le premier danseur Hip Hop à intégrer le cursus d’enseignement artistique de 2 ans du CNDC sous la direction de Régis Obadia et Joëlle Bouvier. La promotion accueille d’autres danseurs « éclectiques », c’est-à-dire qui n’aient pas reçu de formation de danse classique ou contemporaine auparavant comme  restés ses amis pour lesquels il a encore dansé récemment. Amala Dianor embrasse ce nouvel horizon, la danse contemporaine. Ce sont deux années « formidables », « intéressantes » et source de « plaisir ».

La suite de sa formation de danseur se fait sur les planches. À la sortie du CNDC, il est interprète dans Play-Back de Régis Obadia au Festival de Suresnes, puis Cutting Flat d’Abou Lagraa. Il a la curiosité et le désir de se frotter à des esthétiques différentes tout en se donnant corps et âme. Sa formation Hip Hop se métisse des autres styles. D’autres chorégraphes ont marqué son parcours : Farid Berki, Georges Momboye ou encore Françoise et Dominique Dupuy, les grands pédagogues de la danse en France.

Amala Dianor, un homme de défis

Défi 1 : le métissage des styles

Amala Dianor a commencé en se rendant « disponible à la requête du chorégraphe tout en ajoutant sa valeur, ce que je suis ». Une fois les propositions du chorégraphes, Amala Dianor cherche à les « customiser Hip Hop », valeurs au travers desquelles il s’est construit. Dès 2004, il crée avec Orin Camus et Chloé Hernandez un premier dialogue entre les danse contemporaine, classique et Hip Hop. Il refuse l’étiquette chorégraphe, il se sent danseur-interprète.

Défi 2 : savoir gérer une équipe

La première étape pour devenir chorégraphe, c’est gérer les équipes techniques, administratives, artistiques. Sa pièce Crossroads avec 4 danseurs, primées au concours de danse Reconnaissance, est une belle occasion. Parallèle, De(s)génération, Extension sont aussi importantes dans son parcours.

Défi 3 : motiver et responsabiliser les danseurs

C’est en dansant dans la compagnie d’Emanuel Gat (2009-2014) qu’Amala Dianor dit avoir « compris énormément de choses ». Des années formidables pendant lesquelles il apprend le métier de chorégraphe sans le savoir. Il se dit aujourd’hui inspiré et admiratif d’Emanuel Gat de savoir exactement ce qu’il fait.

Défi 4 : se reconnaître chorégraphe

Il semble que ce soit le plus difficile pour Amala, se reconnaître chorégraphe. Avec le succès du trio Quelque part au milieu de l’infini, il s’y trouve un peu contraint. Mais c’est le fait d’avoir réussi à créer ce trio pour deux chorégraphes qu’il admire, Souleyman Ladji Koné et Pansun Kim, qui l’autorise à se reconnaître lui-même comme chorégraphe. Finalement que la profession hésite à lui coller ou non l’étiquette artiste Hip Hop lui importe peu, cela l’amuse plutôt. Le regard qu’il porte sur lui-même est exigeant, sur scène, il est question de se donner corps et âme avant tout.

Prochain défi : comment mettre son âme en scène alors que le corps y est absent ?

The Falling Stardust représente pour Amala plusieurs défis, notamment après l’immense succès de Quelque Part au milieu de l’infini. Amala n’y danse pas. Les danseurs sont tout frais sortis de l’école, formés à la danse classique qu’Amala dit ne pas maîtriser et de surcroît, il ne les connaissait pas au moment de l’audition.

Amala Dianor a été formé au défi dans les battles dès son plus jeune âge, on ne se refait pas :)

Amala Dianor, candidat au Prix des spectateurs DanseAujourdhui #2

L’association Les Mécènes de la Danse, créée à l’initiative de Catherine Zavodska en 2015 pour mobiliser la communauté des spectateurs DanseAujourdhui autour du travail d’un chorégraphe lance le Prix des spectateurs #2. Amala Dianor a accepté d’y participer. Pour être informé(e) des événements que nous allons organiser (information, rencontres, représentations, vote, collecte), inscrivez-vous à notre newsletter danse.

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Amala Dianor, un danseur dans l’âme

Catherine Zavodska

Voir la chaîne vidéo d’Amala Dianor

Consulter le site de la compagnie Amala Dianor

Crédits photo du portrait à la Une © Laurent Paillier pour DanseAujourdhui

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