14 Octobre 2010 – 3Abschied – Jérome Bel et Anne Teresa de Keersmaeker

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3 adieux Théâtre de la Ville (Paris)
Danse, Anne Teresa De Keersmaeker

Mezzo, Sara Fulgoni
Piano, Jean-Luc Fafchamps
Ictus
Violon I, George Van Dam
Violon II, Igor Semenoff
Viole II, Aurélie Entringer / Jeroen Robbrecht (à confirmer)
Cello, François Deppe / Geert De Bièvre (à confirmer)
Contrabasse, Géry Cambier
Flute, Michael Schmid
Haubois, Piet Van Bockstal / Kristien Ceuppens (à confirmer)
Clarinette, Dirk Descheemaeker
Basson, Dirk Noyen
Cor, Kristina Mascher-Turner
Timpano et percussion, Gerrit Nulens
Harmonium & célesta, Nico Declerck
Direction, Georges-Elie Octors

Assistant, Anne Van Aerschot
Internship, Maxime Kurvers
Production Coordination, Johan Penson, assisté par Tom Van Aken
Ictus Technical Director, Eric Verberdt
Technicien, Davy Deschepper
ici – deux photo de S. Sorgeloos

La musique de Malher s’élève d’un lecteur de CD. C’est la version de Bruno Walter avec la chanteuse Kathleen Ferrier, qui était atteinte d’un cancer au moment de l’enregistrement, et le savait. Un morceau qui parle de la mort et de son acceptation.

Anne Teresa de Keersmaeker se présente. Elle raconte son envie de faire un travail sur la musique de Mahler. Elle parle de son entretien avec Daniel Baremboem avec lequel elle avait évoqué de faire un spectacle : en substance, ‘mais enfin, il y a tellement de belle musique pour la danse au XXième siècle ! La seule musique sur laquelle il ne faut absolument pas danser, c’est ce mouvement de Mahler ».

Elle demande aux spectateurs de lire le poème, alors les lumières se rallument et tout le théâtre lit le texte.

puis elle danse parmi les musiciens, se glisse entre eux, se fond dans la musique, se fond dans les musiciens, musicienne elle-même, elle disparait au profit de la musique.
je suis ébloui par la compréhension qu’elle et Jérome Bel nous donne de ce morceau si beau. Ils ont choisis la retranscription de Schoenberg pour orchestre de chambre (par économie nous dit-elle). Par économie, oui. Par économie, de mot, pour aller droit au sens.
Et la danseuse pousse cet orchestre de chambre à une synthèse aussi éblouissante que la retranscription de Schoenberg elle-même vis-à-vis de la symphonie de Mahler.
Jérome Bel monte alors sur scène. Il nous dit qu’il a pensé à Haydn et qu’il applique son idée de sa symphonie des adieux à l’Abschied de Schoenberg/Mahler.
Le résultat fonctionne. Les musiciens quittent la scène un par un, et la musique vit jusqu’au dernier moment.
Jérome Bel explique alors qu’il lui semblait qu’il fallait chercher plus extrême. Et qu’il faut mourir littéralement et l’accepter. Ce qu’il demande à l’orchestre.
Alors la musique recommence, mais les musiciens meurent un à un sur scène. Jusqu’au tuba, qui exhale jusqu’à son dernier souffle, une synthèse terrible de la symphonie de Mahler.
3ième et dernier adieu. Un travail qui a eu lieu en secret lors des répétitions. Les musiciens quittent la scène. Reste le pianiste, et la danseuse. Anne Teresa de Keersmaeker chante. Elle danse l’adieu. elle ote ses chaussons de danse (dans son cas des chaussures, presque de montagne). Ses gestes vont vers le piano, vers le fond de la salle. Elle écarte les pupitres, la scène se vide. je pense bien sûr à Pina Bausch (au soir terrible de sa disparition et à la danse de Anne Teresa de Keersmaeker alors, Black, Schwartz, Noir) ; Cafe Muller, cette pièce qui m’a fait découvrir la danse, comme à tant d’autre je crois.

Difficile de ne pas avoir de larmes qui montent aux yeux lors de ce dernier adieu.

Merci.
F-
je reprendrai ce texte mais voulais noter vite ces impressions.

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